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16/10/19 créé le

Description

Jamais un bruit. Toujours ce silence arpentant les rues de la ville. Ce calme que tous avaient espéré, cherché ; celui pour lequel on avait tant lutté. Le Japon était désormais tranquille, reclu, solitaire, pacifié. C’était ce que l’on voulait ; ce que, de tout temps, l’on avait continuellement désiré. La paix sur cette île. L’évolution nous a donné l’arme qu’il fallait pour y arriver : les Alters, une mutation biologique que certains humains avaient développée et qui se manifestait par le développement d’une aptitude surhumaine que l’on jugeait auparavant inaccessible. Dès lors, certains purent voler, d’autres cracher du feu. Les possibilités étaient infinies. Lentement, mais sûrement, ce changement devint la norme, mais également le feu de maintes guerres et conflits. Les Alters sont devenus la Solution. La Solution à tous les maux du monde, à tous les rêves que l’on croyait irréalisables.


Dès lors, l’humain, dans toute son imperfection, a fait de cette nouveauté son bébé. Ce qui devait arriver, arriva : les super vilains virent le jour. Des Hommes dotés d’Alter que les corps policiers ne pouvaient maîtriser et qui ont alors profité de cet avantage afin de mettre en pratique leurs plans les plus machiavéliques. Pour répondre à ce nouveau fléau inquiétant, l’idée de former des Superhéros fut évoquée, pensée, longuement réfléchie.

Car le peuple avait besoin de représentants de la justice qui pourraient les protéger de cette menace.

Ils finirent par y arriver, à former les justiciers dont le pays avait grandement besoin mais ce, au prix de nombreux sacrifices. C’est ainsi que vint l’Âge d’Or Héroïque ; une ère de paix et de sérénité, maintenue de nombreuses années durant. Si beaucoup s’affairaient à faire régner l’ordre dans les villes, il y a un visage qui, au fil du temps, a fini par s’ancrer dans l’esprit des gens. Solem, celui que l’on avait décoré de mille-et-une médailles. L’homme que tous aimaient et admiraient. Celui qui avait réussi, là où le célèbre All Might avait échoué à l’époque. Il était presque vénéré comme un dieu pour ses actes héroïques.


Issu de Yuei, la plus prestigieuse et célèbre école des Héros, il était le meilleur. Numéro un, il était celui qui faisait gonfler les coeurs d’espoir à chaque nouvelle réussite, celui qui faisait naître des sourires sur les visages apeurés à chaque sauvetage accompli. Solem était celui dont on parlait le plus ; mais également celui dont on en attendait le plus.


Il avait tout pour lui. 


Jusqu’à ce jour où la pression de l’humanité fut trop lourde à supporter ; où la peur prit le dessus sur la raison. Ce jour où le héros numéro un se defila alors que le peuple avait besoin de lui. Se retrouvant seul face à un super vilain dont la force égalait la sienne pour la première fois, il a choisi la fuite plutôt qu’une mort éventuelle. Il a préféré sa survie à celle des habitants. Les événements ayant été relayés en direct sur les chaînes de télévision, les japonais ont, encore à l’heure actuelle, les images de Solem fuyant le danger gravées dans leurs esprits. La tristesse, l’incompréhension, la déception, le désespoir ; tous ces sentiments ont accablé le pays entier en quelques secondes seulement.


On nomma ce terrible jour comme tel : la Trahison. La figure d’espoir ayant abandonné les siens ainsi que sa patrie, le visage du Japon changea du tout au tout. Si jusque-là l’île rayonnait de par la paix qui y régnait, le ciel se voila, plongeant le pays dans l’obscurité la plus totale. On savait les Alters dangereux, mais à quel point ? Avec un héros tel que Solem, cela n’avait jamais été un problème soulevé ; après tout, il avait toujours été là dans les situations aussi mauvaises furent-elles et avait vaincu à chaque fois. Pourtant, ce fut, en l’espace d’une poignée d’heures seulement, une complication qui fut remise au goût du jour. Car jamais il ne serait venu à l’esprit que les Alters pourraient permettre de détruire une ville complète, encore moins en peu de temps. Et certainement pas Kawasaki, la plus grande métropole du Sud de Tokyo. Ce fut plus d’un million d’habitants qui périrent. Des héros, des Vilains, des civils, des gens qui se pensaient protégés, qui avaient confiance en cette justice et cette paix que Solem assurait jusque-là.


Du jour au lendemain, le regard du Japon changea. L’Humain comprit enfin l’ampleur de ce qui s’était passé sous ses yeux pour la première fois en deux-milles ans. Yuei, cet établissement réputé, fut alors le sujet d’émeutes, de nombreux débats et de mille-et-une controverses. Solem, son plus célèbre étudiant, celui qui avait défendu le Japon des malfrats pendant longtemps, n’avait pas répondu à l’appel pour prévenir cette catastrophe. Si certains continuaient de croire en lui, d’autres comprirent : les Héros leur avaient tourné le dos. La Trahison fut l’Armageddon de ce monde parfait. La fin d’une époque si paisible. Le symbole de la paix avait disparu soudainement et le pays entier s’était retourné contre ses « Héros », les pointant du doigt, les accusant de la catastrophe, les accusant d’être ce qu’ils étaient, des hommes et des femmes qui ne faisaient que de belles promesses et qui n’étaient pas capable de les protéger convenablement. Ils ont perdu foi en eux, en ces personnes ayant juré de leur assurer paix et protection et qui, au final, ne faisaient que s’évanouir dans la nature lorsque l’on avait le plus besoin d’eux.


Malheureusement, le cas de Solem fut alors transformé en une généralité qui toucha donc l’ensemble des Super-Héros qui s’acharnaient pourtant à essayer de maintenir l’ordre dans les villes. Cela entraîna la mort de l’héroïsme. Il n’était plus question de faire confiance aux héros. Leur réputation en chute libre, la discorde s’empara du Japon qui décida de fermer ses frontières. Nul n’entrerait ni ne sortirait tant que les autorités n’auraient pas connaissance de l’identité de celui qui était derrière la Trahison et les Alters devinrent au fur et à mesure source de zizanie.


Les héros déshérités de leur rôle de vedettes n’avaient néanmoins pas dit leur dernier mot. L’exemple le plus flagrant fut celui de la directrice de Yuei, Aconitum, alors cinquième héros la plus réputée. Malgré les critiques que pouvaient bien recevoir l’école, elle ne jetta pas l’éponge et continua à accueillir de nouveaux élèves. Les forces de l’ordre étant incapables de gérer les Alters, il était impératif que des Altérés s’en chargent. Et puis, elle désirait également redorer le blason des Héros, souhaitant démontrer que ce n’était pas leur faute si leur meilleur élément avait fait faux bond à la nation.


En revanche, les autres écoles du pays finirent par fermer, manquant de financement afin de se maintenir en vie. Cela n’en empêcha pas d’autres de se manifester, à montrer qu’ils souhaitaient eux aussi faire entendre leur voix. Les trois autres héros composant le Quintet Sacré (duquel faisaient partie Solem et Aconitum) ne prirent pas leur retraite. Tokyo devint alors l’épicentre de la Renaissance des Héros. Chacun d’entre eux fondèrent leur propre école, espérant recréer cette confiance d’antan envers les héros selon leurs propres principes. Yuei, J?sh?, Zaisen et Daiki devinrent les quatre piliers de l'héroïsme servant à la fois d’agences héroïques, de lieu d’enseignement et de précurseurs du Nouvel Éveil des Héros.


Parce qu’un Héros ne meurt jamais réellement.


C’est devenu le leitmotiv de ces quatre élites. En dépit du déshonneur qui a fini par tacher le nom des Héros, certains se sont relevés, ont fait face à la réalité qui est maintenant la leur. « Les Héros ne meurent pas. Ils seront toujours là. Ils veilleront sur vous comme ils l’ont toujours fait. Nous ne laisserons pas la Trahison nous redonner ce monde empli de cruauté que nous avions avant. Héros, levez-vous. Rejoignez-nous. Luttez pour vos valeurs. Luttez pour votre nom. Mais ne mourrez pas. Car souvenez-vous, les Héros ne meurent jamais. »